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Beaucoup de similitudes avec la POC

News écrite le Samedi 02 Octobre 2004

ARTICLE PARU DANS LA VIE PROTESTANTE GENEVE LE 26 04 94

L'Eglise pentecôtiste est totalement débordée
Se présentant comme plus démocratique que la lourde hiérarchie catholique, offrant aux fidèles une plus grande part de responsabilité et de spontanéité valorisantes à leurs yeux, prônant une éthique stricte et un message direct tranché de certitudes sécurisantes, le protestantisme évangélique guyano-antillais a pris si solidement pied qu'être protestant n'est actuellement plus une exception dans la société créole. Eglises "importées", salutistes, baptistes, pentecôtistes, néo-pentecôtistes, évangéliques, adventistes côtoient l'îlot réformé français (représenté donc par l'aumônerie militaire) ainsi qu'un patchwork d'Eglises indigènes d'émergence tout à fait locale souvent issues des multi-divisions qui les secouent. Il vaut donc mieux parler des protestantismes que du protestantisme au sein de ces Eglises caraïbéennes. Des Eglises qui ont en commun d'être le plus souvent combles, vivantes, et qui font large place aux laïcs tout en tendant au pastorat indigène. Parmi elles, ce sont incontestablement les évangéliques et surtout les pentecôtistes, au rayonnement certain, qui se posent en concurrents les plus sérieux du catholicisme en touchant à la fois les couches populaires et aisées où la donne religieuse est la plus aiguisée. Ainsi, l'Eglise pentecôtiste de Cayenne, totalement débordée, construit un temple de plus de mille places qui seront largement occupées chaque dimanche. L'émulation est donc importante et elle s'accompagne (aussi du côté catholique) d'un renouveau réel pour la lecture, l'écoute et l'étude de l'Ecriture fortement favorisé par le travail des Sociétés bibliques.
Une lecture de la Bible simpliste et culpabilisante
Mais derrière les promesses entrouvertes par le dynamisme des Eglises antillo-guyanaises issues du protestantisme se dessinent bien des faiblesses qui sont tout autant de dangers. Et d'abord l'anticatholicisme farouche de toutes ces communautés avec, en revers, leur prétention outrée à détenir la vérité, ce qui est d'ailleurs loin de favoriser ne serait-ce que l'œcuménisme intra-protestant. On peut s'inquiéter en sus, de leur forte tendance à l'ethnocentrisme par la création d'Eglises à majorité guyanaises, ou guadeloupéennes, martiniquaises, sainte luciennes, haïtiennes, chinoises, brésiliennes... c'est un tel état d'esprit qui favorise leur division, leur marginalisation et leur assimilation par les populations et le clergé catholique aux sectes locales et internationales (dont les puissants témoins de Jéhovah). Autre faiblesse, et pas des moindres, leur méfiance extrême pour la théologie, réticence évidemment sous-tendue par une lecture simpliste, littérale et immédiate de la Bible générant toute une attitude légalo-moraliste culpabilisante qui renforce la perception de Dieu en termes négatifs. Ce faisant, ces communautés coupent dangereusement les fidèles de leur monde culturel en enfermant, au lieu de libérer, dans la grave problématique identitaire si à vif aux Antilles-Guyane. Car sur ce point, force est de constater que l'organisation de ces Eglises est malheureusement reproductrice du système de mainmise de l'ancien modèle colonial.
Enfin, c'est aussi non sans inquiétude qu'en réaction aux intégrismes ecclésiaux latents surgissent des mouvements néo-pentecôtisants de fortes dérives illuministes et carrément syncrétistes. Champions de la manipulation, sous couvert de la puissance de l'Esprit, ils séduisent leurs adeptes en taraudant les catégories de l'émotionnel et de l'irrationnel dont les populations locales sont si friandes. Au point tel que leurs "pasteurs-guérisseurs" ne sont plus que perçus comme des "super-quimboiseurs" (des intermédiaires capables de manipuler les forces). La tâche, urgente et prioritaire, est encore longue et grande à penser et à faire penser l'inculturation ou l'indigénisation de l'Evangile dans le terreau créole et par des théologiens créoles, contextuellement au substrat culturel. Dans des sociétés rongées par la gangue de l'ésotérisme et de ce que les analystes antillais nomment "le poison de la quimboiserie", le sectarisme des Eglises protestantes, au vrai, y répond pour l'instant maladroitement. Car ce que l'on appelle "la nouvelle évangélisation" aux Antilles-Guyane est fortement retombée, sur son fond, dans les travers de l'ancienne: une annonce de l'Evangile abruptement et superficiellement plaquée sur la culture et à son détriment. De surcroit, les missions fondamentalistes américaines ont déjà passé la porte et influent de plus en plus le protestantisme spontané de ces territoires extérieurement paradisiaques. Là-bas, à quelque part, Dieu est toujours trop fortement blanc.
Philippe Chanson
Cet article a surtout de l'intérêt quand on sait que Jean Péterschmitt a fondé une filiale à Kourou en Guyane et qu'aujourd'hui, suite aux nombreux scandales, la POC évite d'établir publiquement un lien avec cet "église"
On est malin, à la POC ....!!

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